LA MALADIE

Parkinson: Le syndrome du colon irritable.

Le syndrome du côlon irritable est un trouble bénin, très fréquent, mais pouvant perturber de façon conséquente la vie quotidienne. Il se manifeste par des douleurs abdominales, des diarrhées ou constipations et un ballonnement.

Qu’est-ce que le syndrome du côlon irritable ?

Le syndrome du côlon irritable, aussi appelé syndrome de l’intestin irritable, troubles fonctionnels intestinaux ou bien colopathie fonctionnelle, est un trouble chronique associant divers dysfonctionnements au niveau de l’intestin :

  • Douleurs abdominales ;
  • Inconfort ou ballonnement 
  • Troubles du transit (diarrhée ou constipation).

Généralement, cette affection douloureuse évolue par poussées entrecoupées de périodes de rémission. Bien que sans gravité, elle altère de façon importante la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes.

À savoir ! Le syndrome du côlon irritable se classe dans les troubles fonctionnels et non dans les maladies intestinales en raison de l’absence de lésions ou d’anomalies anatomiques détectables.

Bien qu’aucune cause ne soit identifiée pour l’instant, on observe plusieurs dysfonctionnements intestinaux chez les patients souffrant du syndrome :

  • Une anomalie de la motricité intestinale. Les contractions au niveau de l’intestin grêle et du côlon sont trop fortes, ou au contraire, trop faibles, ce qui entraîne un déplacement des aliments soit trop rapide soit trop lent à l’origine de diarrhées ou constipations ;
  • Un trouble de la sensibilité intestinale. Les personnes atteintes de colopathie fonctionnelle ont une sensibilité augmentée au niveau des intestins. Ainsi, même des phénomènes normaux (flatulences, ballonnements, etc.) sont ressentis plus intensément ;
  • Une inflammation intestinale associée à des anomalies de la flore bactérienne intestinale ;
  • Plus de troubles liés à l’alimentation.

Fréquence du syndrome

Le syndrome du côlon irritable est fréquent puisqu’il concerne 5% de la population française. Le plus souvent, le diagnostic est effectué entre 30 et 40 ans. Ce syndrome se manifeste plus rarement chez l’enfant ou l’adolescent. Par ailleurs, les femmes sont 2 fois plus touchées que les hommes. D’autre part, les personnes anxieuses ou stressées semblent plus sujettes à ce type d’affection.

L’origine du trouble

L’origine du syndrome, certainement multifactorielle, est encore mal connue. Plusieurs facteurs sont évoqués.

Environ la moitié des individus souffrant du syndrome du côlon irritable se disent stressés et relient les crises aux périodes de stress ou de fatigue intense. En effet, le repos et les vacances semblent réduire le nombre de crises et leur intensité. Cependant, le stress ou l’anxiété ne peuvent suffire à expliquer le trouble.

Par ailleurs, les hormones féminines ont aussi été évoquées comme pouvant influencer le syndrome en raison du plus grand nombre de femmes touchées, mais aucune preuve n’existe à ce jour.

Chez certains patients, la colopathie fonctionnelle apparaît après une infection aiguë des intestins. Il est alors admis que dans ce cas de figure, c’est l’inflammation intestinale et le déséquilibre de la flore intestinale qui sont le plus susceptibles d’être la cause du trouble.

Enfin, l’intolérance au lactose (sucre présent dans le lait) ou au gluten (protéine de céréales) pourrait aussi intervenir.

Ainsi, dans la majorité des cas, aucune cause précise ne peut expliquer le syndrome du côlon irritable. Au mieux, il est possible de rattacher les crises au stress ou à certains aliments (par exemple les crudités ou les choux), variables d’un individu à un autre.

Quels sont les symptômes du syndrome du côlon irritable ?

Parmi les symptômes les plus fréquents, on observe : les douleurs abdominales, les ballonnements et les troubles du transit.

Les douleurs abdominales représentent le symptôme le plus fréquemment reporté dans le syndrome du côlon irritable. Elles sont décrites comme une sensation de spasme ou de crampe au niveau des fosses iliaques ou de la région ombilicale. Ces douleurs se manifestent, en général, après un repas ou au réveil et peuvent durer plusieurs heures comme plusieurs jours.  L’émission de gaz ou de selles permet de soulager le patient.

Les ballonnements sont également fréquents dans le syndrome. Ils peuvent rendre pénible le port de vêtements serrés, notamment après un repas. Dans les cas les plus sévères, les patients ressentent une tension permanente difficile à supporter, avec une distension de la paroi abdominale. Les ballonnements peuvent être associés à des bruits provenant du tube digestif. L’émission de gaz ou de selles permet de soulager le patient.

Les troubles du transit intestinal se manifestent majoritairement par une constipation. Cependant, des diarrhées ou même une alternance diarrhée/constipation sont également possibles. Selon le trouble du transit observé, on détermine 3 formes du syndrome du côlon irritable :

  • SII-D, avec diarrhée prédominante ;
  • SII-C, avec constipation prédominante ;
  • SII-M, la forme mixte avec alternance diarrhée/constipation.

On parle de syndrome du côlon irritable lorsque les symptômes sont présents au minimum 1 jour par semaine sur les 3 derniers mois.

Dans la plupart des cas, les symptômes sont persistants avec une alternance entre périodes de crise et périodes d’accalmie.  Souvent, certaines pathologies sont associées au trouble, par exemple la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, la cystite interstitielle ou d’autres troubles digestifs.

À savoir ! Le syndrome n’augmente pas le risque de développer un cancer du côlon ou une maladie inflammatoire chronique de l’intestin comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

Comment est diagnostiqué ce syndrome ?

Dans la majorité des cas, un simple examen médical associé à un interrogatoire adapté permet de poser le diagnostic de syndrome du côlon irritable.

Pour établir son diagnostic, le médecin recherche l’existence de certains signes ou « critères de Rome », à savoir :

  • La présence pendant plus de 3 jours par mois, pendant au minimum 3 mois, au cours des 6 derniers mois, de troubles fonctionnels de l’intestin ;
  • La présence de 2 des éléments suivants lors des crises : un soulagement des douleurs par la défécation, une modification de la fréquence ou de la consistance des selles.

Dans les cas où les symptômes surviennent après 50 ans, la nuit ou suite à un séjour à l’étranger, ou qu’il existe des signes associés (amaigrissement, fièvre, etc.), des examens complémentaires sont nécessaires. En effet, l’objectif est de s’assurer qu’une autre pathologie (par exemple, la maladie cœliaque, l’intolérance au lactose, une allergie alimentaire, la maladie de Crohn, un cancer colorectal, une infection intestinale, etc.) n’est pas à l’origine des troubles observés.

Quels sont les traitements disponibles ?

La prise en charge médicale d’un patient souffrant du syndrome du côlon irritable a pour objectif d’aider le patient à :

  • Diminuer l’intensité et la fréquence des symptômes ;
  • Réduire la sévérité de la maladie pour améliorer la qualité de vie ;
  • Identifier les facteurs ou aliments déclenchant les symptômes ;
  • Suivre les conseils hygiéno-diététiques ;
  • Exprimer son ressenti vis-à-vis de l’affection.

Les mesures hygiéno-diététiques

Certaines règles hygiéno-diététiques sont importantes afin de limiter ou éviter les symptômes de l’affection :

  • Prendre ses repas à heures régulières ;
  • Ne pas sauter de repas ;
  • Manger ni trop ni trop peu pendant les repas ;
  • Manger lentement, au calme, sans faire autre chose en même temps ;
  • Bien mastiquer les aliments pour faciliter la digestion ;
  • Boire 1 à 1,5L d’eau par jour.

Chaque conseil donné au patient est adapté à sa situation, selon la forme du syndrome (diarrhée prédominante, constipation prédominante ou mixte). Il est possible d’avoir recours à une diététicienne en cas de besoin.

Bien qu’aucun aliment ne soit à exclure de l’alimentation, certaines mesures se sont avérées efficaces :

  • Une bonne répartition de la consommation de fibres alimentaires sur la journée ;
  • Une réduction de la consommation d’aliments gras ;
  • Un évitement des aliments producteurs de gaz (pois, brocolis, chou, oignons, etc.) ;
  • Une réduction de la consommation des boissons contenant de la caféine, des boissons gazeuses et de l’alcool ;
  • Une diminution de la consommation des aliments riches en lactose (yaourts, lait), en fructose (miel, pommes, poires, dattes, oranges) et en édulcorant artificiel finissant en « ol »).

Les médicaments

Aucun médicament n’est capable de guérir définitivement le syndrome du côlon irritable. L’objectif est de soulager l’inconfort digestif lors des crises. Le traitement de première intention est la prise d’antispasmodiques qui empêchent la contraction musculaire de l’intestin. Les antispasmodiques sont efficaces sur les douleurs abdominales et les ballonnements.

Des absorbants intestinaux qui fixent l’eau et les gaz en excès peuvent être prescrits en cas de ballonnements ou diarrhée. En cas de diarrhée, les ralentisseurs du transit sont efficaces, ou à l’inverse en cas de constipation, on utilise des laxatifs. En deuxième intention, et dans les formes douloureuses persistantes, un traitement antidépresseur à petite dose peut être envisagé.

Rédigé le 31 janvier 2018 et mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie le 12 mai 2022.

Source: Santé sur le net

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