LES NON CLASSES

Il conçoit une draisienne pour les personnes à mobilité réduite

Un prototype de draisienne Digni-T aux couleurs de la France… en prévision des JO handi

Accidents, opérations, maladies, vieillesse…  La France compte 27 millions de personnes à mobilité réduite. Un nombre considérable auquel on peut ajouter celui des personnes en situation de handicap, de l’ordre de 12 milllions. 

La draisienne Digni-T conçue par Arnaud Mestre, un ingénieur installé à Tremblay-en-France, près de Roissy, pourrait leur changer la vie.

Cet engin léger et stable permet de se déplacer en position debout sur toute surface plane, avec un effort minimum.

  • La mobilité est importante, la draisienne tourne dans un mouchoir de poche.
  • La sécurité est assurée : ultra-stable, la draisienne Digni-T est aussi dotée d’un frein que l’on actionne à la main, sur le guidon.

Arnaud Mestre, le créateur de Digni-T, a observé les outils qui existent actuellement sur le marché : « Aujourd’hui, ce qu’on propose aux gens qui ont du mal à marcher, c’est le déambulateur. Il provoque des douleurs articulaires et musculaires importantes. » Et parfois aussi des accidents, 40 000 par an aux Etats-Unis par exemple. 

Il faut bousculer les paradigmes tels que : quelqu’un qui ne marche pas ne marchera plus. 

Digni-T remet debout des gens qui ne le sont plus

Arnaud Mestre sait de quoi il parle. Cet ingénieur, formé en génie mécanique, qui a travaillé longtemps dans l’automobile, a observé sur un proche le gain d’autonomie que procure son invention.

Son père, ancien cycliste, est atteint par la maladie de Parkinson. Il était en difficulté pour marcher. Équilibre déficient, freezing (tremblements des jambes accompagnés d’une incapacité à lever les pieds), il semblait condamné à ne plus bouger.

A la suite d’une chute, il s’est même cassé plusieurs côtes. « Il était indispensable de le remettre debout avec un minimum de dépense d’énergie », se rappelle Arnaud Mestre.

Voir le monde à hauteur d’homme

C’est à ce moment-là qu’il conçoit sa première draisienne. L’engin rudimentaire est en bois, mais le principe est là : deux roues écartées à l’avant, pas trop pour que l’engin franchisse toutes les portes,  un guidon, une selle, une roue à l’arrière. Une fois installé, une légère impulsion des pieds fait avancer. La personne est en position debout.

Pour des personnes en fauteuil roulant, c’est la révolution. Lors d’un salon, une personne en fauteuil roulant a testé l’invention du Francilien et témoigne : 

Je vois le monde à hauteur d’homme pour la première fois depuis dix-huit ans.

Des applications sur de multiples pathologies

Depuis deux ans, Arnaud Mestre perfectionne sa draisienne. Elle est à présent en métal, une petite commande au guidon permet de relever la selle. Le « véhicule » a des freins et se plie facilement pour se charger dans une voiture.

Pour les hôpitaux, il existe un modèle en acier brossé, plus rapide à nettoyer. En rééducation, en penchant la selle et le guidon vers l’avant, on peut même faire travailler les quadriceps. 

Le créateur a mis également au point une attache pour siège bébé pour les mamans atteintes de sclérose en plaques. Elle peuvent se déplacer avec leur enfant contre elles.

Il existe maintenant un modèle pour enfant… et même un modèle « Harley » avec une selle très confortable et des poignées gainées cuir. 

La draisienne testée et approuvée

Arnaud Mestre a testé son invention à l’Ehpad d’Enghien et au centre de rééducation (CSR) de Vaucresson, avec un retour des soignants extrêmement positif. Dans les salons auxquels il a participé, la draisienne fait un malheur ! Et son père, qui réside aujourd’hui en Ehpad, est la vedette avec son engin à roulettes.

Brevetée, la draisienne Digni-T va maintenant passer du stade du prototype au stade industrielHMS Vilgo, une des entreprises leader dans le matériel médical, va fabriquer les composants ; ils seront assemblés par la SAS Digni-T.

Le marché potentiel est vaste : 4 000 Ehpad, 1 000 hôpitaux publics, 1 100 cliniques privées, environ 40 000 malades de Parkinson atteints de freezing, et un nombre de centenaires qui augmente.

Prochaine étape, le salon Autonomic à Lille les 27 et 28 novembre 2019, où le créateur veut faire décoller son entreprise.

Arnaud Mestre rêve de voir sa draisienne en tête du défilé des Jeux paralympiques en 2024. Car jusqu’à présent, le porte-drapeau est une personne valide ! La délégation française pourra l’utiliser : un modèle peint en bleu-blanc-rouge trône déjà dans l’atelier.

Infos pratiques :
La draisienne Digni-T en taille standard est commercialisée au prix de 1 600 euros HT (TVA 5,5%). Plus d’informations sur www.digni-t.com.

Source: actu.fr / publié par Bénédicte de Chivré.

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